Tous les articles

    10 août 2026 · 6 min de lecture

    Déréférencer sur Google une page qui expose vos données d'entreprise

    Une fiche Pappers, une page Societe.com ou un vieil annuaire expose vos données de dirigeant, et cette page ressort en premier quand on tape votre nom ? Le droit européen vous permet de demander à Google de la déréférencer. C'est un levier utile — mais souvent mal compris : il ne supprime rien, il rend seulement la page moins trouvable. Voici comment il fonctionne, ce qui marche vraiment, et à quel moment l'utiliser.

    Ce qu'est le déréférencement — et ce qu'il n'est pas

    Le « droit à l'oubli » consacré en droit européen — aujourd'hui adossé au droit à l'effacement de l'article 17 du RGPD — permet de demander à un moteur de recherche de retirer certains résultats associés à la recherche de votre nom. Trois limites essentielles :

    • La page n'est pas supprimée : elle reste en ligne, accessible par lien direct et par d'autres recherches (le nom de la société, par exemple).
    • Le retrait vise votre nom : c'est le lien entre votre identité et la page qui est coupé dans les résultats, pas la page elle-même.
    • Google arbitre : le moteur met en balance votre vie privée et l'intérêt du public à accéder à l'information, et peut refuser.

    La démarche, concrètement

    1. Rassemblez les URL exactes des pages concernées (copiez-les depuis la barre d'adresse, pas depuis les résultats de recherche).
    2. Remplissez le formulaire de demande de suppression de contenus de Google (rubrique « supprimer des informations vous concernant »), accessible gratuitement depuis votre compte Google ou sans compte.
    3. Pour chaque URL, expliquez en quoi la page vous concerne et pourquoi sa diffusion vous porte préjudice : données personnelles dépassant la publicité légale (adresse personnelle), activité cessée, ancienneté des faits, absence de rôle public.
    4. Google répond par e-mail. Aucun délai n'est publié : comptez en semaines, sans garantie.

    En cas de refus, vous pouvez saisir la CNIL, qui peut demander à Google de revoir sa position. Restez lucide sur les délais : d'après la Cour des comptes, l'âge moyen des dossiers de plainte non traités par la CNIL atteignait 376 jours en 2025.

    Deux conseils de méthode. Documentez tout : capture d'écran des résultats de recherche avant la demande, date d'envoi, réponse de Google — ce dossier servira en cas de saisine de la CNIL. Et soignez chaque argumentaire plutôt que de multiplier des demandes identiques : une demande générique recopiée pour dix URL a moins de chances d'aboutir qu'une demande qui explique, URL par URL, le préjudice concret que cause la page.

    Ce qui marche — les chiffres réels

    Une étude menée sur les demandes de déréférencement européennes donne des ordres de grandeur utiles :

    • en moyenne, un peu plus de la moitié des demandes aboutissent (environ 56 %) ;
    • pour les URL de Societe.com, le taux d'acceptation tombe à environ 30 % — Google considère souvent que les données d'entreprise relèvent de l'information légitime du public ;
    • pour un annuaire de particuliers comme le 118712, il monte à 86 % — les données purement privées sont bien mieux traitées.

    La leçon : plus la page relève de la vie des affaires d'une société active, plus le refus est probable ; plus elle expose des données personnelles sans nécessité actuelle — adresse de votre domicile, société radiée de longue date — plus la demande a de chances d'aboutir. Si votre société est radiée, mettez la radiation au centre de votre argumentaire.

    Pourquoi le déréférencement doit venir en dernier

    Traiter la page à la source reste plus efficace

    Déréférencer une page qui continue d'exister, alimentée par des registres publics, revient à cacher le symptôme. La stratégie efficace suit l'ordre inverse : d'abord tarir la source — non-diffusion Sirene pour les entrepreneurs individuels, occultation de l'adresse au RCS pour les dirigeants —, ensuite demander la suppression aux sites eux-mêmes (Pappers, Societe.com…), et seulement en dernier ressort déréférencer ce qui subsiste. Une page supprimée à la source disparaît des résultats d'elle-même — sans arbitrage de Google.

    Méfiez-vous des services promettant un « déréférencement garanti » : la décision appartient à Google, qui refuse environ 70 % des demandes visant Societe.com, et un déréférencement obtenu ne supprime jamais la page à la source. Un accompagnement sérieux construit le dossier, argumente chaque URL et épuise d'abord les leviers de suppression réelle — sans promettre l'issue.

    Vous préférez ne pas vous en occuper vous-même ?

    Guichet Facile traite le problème dans le bon ordre : analyse gratuite de votre exposition, démarches à la source et demandes de suppression auprès de chaque site avec un mandat signé en ligne, puis préparation des demandes de déréférencement pour les pages qui subsistent — avec un argumentaire adapté à chaque URL.

    Premiers résultats sous 2 semaines · majorité des démarches résolues sous 6 semaines · dossier clos sous 90 jours.

    Délais indicatifs, constatés sur des démarches réelles.

    Lancer mon analyse gratuite